Voilà un article que j’aurais aimé trouver il y a deux ans quand nous avons pris la décision de fonder Effervea sarl. Et pourtant, je me souviens avoir cherché, et n’être toujours tombé que sur des discours du type « ça dépend », avec aucun chiffre en face… Alors oui, ça dépend, mais au moins voici un exemple concret et vécu. Si d’autres veulent venir le compléter, ce sera avec grand plaisir ! J’ai donc repris nos comptes maintenant que notre deuxième bilan est bouclé, et voilà ce qu’on y trouve. Il s’agit d’un résumé des deux premières années uniquement !

Avertissement : les chiffres donnés ci-après sont communiqués à titre indicatif et peuvent ne pas s’appliquer à votre situation. Surtout, il sont susceptibles d’évoluer, à la hausse comme à la baisse. Dans tous les cas, demandez conseil à votre expert comptable et faites vous accompagner ! Tous les prix s’entendent hors TVA. Nous sommes en exercice décalé avec un bilan au 30 juin, et un premier exercice comptable de 11 mois.

La création

Au démarrage, il y a la rédaction des statuts de l’entreprise, leur dépôt au greffe du tribunal de commerce, et la publication dans un journal officiel. En ce qui nous concerne, la rédaction nous a été offerte, le dépôt a coûté 70,20€ et la publication 151,26€. Donc oui, concrètement, on peut créer une société en France avec moins de 300€. Je ne vous le conseille pas néanmoins. Ces frais sont d’ailleurs détaillés (et commentés) sur le site de l’APCE.

A l’époque, nous avions aussi dépensé 200€ de dépôt de marque à l’INPI. De notre point de vue, c’est probablement l’argent que nous avons le plus mal dépensé de notre vie, mais d’autres trouveront peut-être cela utile. A l’heure du net, si votre nom de domaine, les réseaux sociaux, et la recherche google vous annoncent le champ libre, c’est probablement tout ce qu’il vous faut !

Les frais fixes

A l’époque toujours, il a fallu choisir une banque. J’ai alors découvert effaré la difficulté à trouver une banque qui communique ses tarifs professionnels de façon claire et transparente. Nous avons donc opté pour la filiale en ligne d’une banque internationale « de prestige » et qui possédait de ce fait un tarif public. Il nous en a coûté 20€ par mois pendant près d’un an, jusqu’à ce que le tarif augmente à 22€. De ce côté, rien à redire, ni en positif, ni en négatif. Nous sommes satisfaits du service, sans trop en demander, et savons que nous n’aurons aucun soutien en cas de besoin. Si vous anticipez des « questions d’argent », peut-être devriez vous passer un peu plus de temps que nous à choisir votre banque, et surtout votre conseiller bancaire…

L’autre chose dont nous ne pouvions pas nous passer c’est notre hébergement web. De ce côté là, nous avons fait le choix dès le départ de prendre un serveur dédié, ce qui revient entre 30€ et 50€ par mois selon l’offre du moment et vos besoins. Evidemment, il existe (depuis ?) des alternatives encore moins chères, voire gratuites, comme Heroku et consorts. Sans oublier vos noms de domaines. A noter qu’OVH propose une offre très intéressante avec son pack « AllDom » qui permet de prendre toutes les extensions d’un domaine à un prix réduit.

Les frais fixes peuvent donc être réduits au minimum, et comptent pour environ 1000€ par an. Cela en supposant que vous n’avez pas de bureau, ne voyagez pas, ne payez pas votre accès au net ou votre téléphone, n’avez aucun outil payant de type CRM, pas de fournisseurs, etc. On parle vraiment du strict minimum !

Le RSI

Là on attaque le gros du problème. Dans notre cas, le RSI nous a fait un cadeau empoisonné, puisqu’il a mis plus d’un an avant de commencer à nous réclamer les cotisations que nous lui devions. Et à partir de ce moment là, il ne nous a plus jamais lâché ! J’ai une compréhension assez limitée du fonctionnement du RSI, de son rôle et de son utilité. Je connais d’ailleurs assez peu de gens qui en comprennent le fonctionnement. Et c’est donc là le moment où le conseil d’un comptable devient nécessaire. Ce que j’en ai retenu, c’est qu’en sarl, dès la création de l’entreprise, le RSI vous demandera des cotisations sur la base de revenus fictifs (par absence d’historique), qui seront régularisées deux ans plus tard (si vos revenus sont inférieurs à la base de calcul), et qui possèdent de toute façon une base forfaitaire, c’est à dire que même si vous n’avez aucun revenu, vous paierez quand même le minimum, soit bien plus que zéro.

Oui, personnellement, je pensais naïvement que tant qu’on n’avait pas de revenus on ne payait pas d’impôt ou autres taxes et charges, vous savez, de façon à laisser le temps l’entreprise de se développer. Mais j’étais naïf. Toujours est-il que mes cotisations provisionnelles de l’année 2012, calculées sur une base forfaitaire, et régularisées sur la base de mon revenu réel 2012, un jour, se montent à 4788€. Yep. Et je vous fais cadeau des majorations pour pénalités de retard, et du temps passé à les appeler, mettre en place un échéancier, et recevoir quand même les relances amiables, derniers avis avant poursuites, et mises en demeure…

cotisations-2012

 

Au final, à ce jour, sachant que la période 2011 a déjà été régularisée, le RSI m’aura demandé 5916€ en deux ans (toujours sans compter les majorations et le stress ^^). A noter que du côté de mon associé Sébastien, le tableau est un peu moins noir, puisque lui a bénéficié de l’ACCRE, qui consiste en une exonération de charges sociales pendant un an. Cela ne vous dispense pas de tout, mais permet de réduire la note par 10, et de passer d’environ 3000€ à 300€ la première année. Le tout par personne. Maintenant, qu’est-ce qui a permis à Sébastien d’être éligible à l’ACCRE et pas moi restera à tout jamais un mystère pour nous.

Les finitions

En rédigeant mon article, j’ai failli omettre la CFE ! Cette autre taxe magique, dont je serais bien incapable de vous dire comment elle est calculée, qui la touche, et à quoi elle sert. La Cotisation Foncière des Entreprises a récemment fait parler d’elle surtout auprès des Auto-entrepreneurs, et notamment ceux qui ne réalisaient aucun chiffre d’affaire et qui se sont retrouvés à devoir la payer quand même. Dans notre cas, malgré la domiciliation officielle dans le bureau de 15m carrés de mon appartement, elle s’est montée à 751€ par an, soit le minimum forfaitaire à Bordeaux si je ne m’abuse. Elle varie en fonction du lieu de domiciliation de votre entreprise, et doit probablement être réduite – comme les charges sociales – si vous avez la bonne idée de vous installer en zone franche.

A tout cela s’ajoute une dernière dépense, qui – je me répète – me semble indispensable : l’expert comptable. Car chaque année vous devez réaliser votre bilan et déposer vos comptes. Chez le notre, il en coûte 1000€ pour la réalisation, et 400€ pour le dépôt. Au bout d’un an, avec deux associés, et dans l’hypothèse sans ACCRE (qui ne vaut que la première année de toute façon), on arrive donc à une fourchette entre 8000€ et 10000€ par an pour faire exister une entreprise, à ne rien faire, sans payer personne. Alors mieux vaut commencer à y faire des choses, avant même que l’entreprise ne soit créée !

La suite

Dans un prochain épisode, j’espère pouvoir détailler combien ça coûte d’avoir des locaux au bout d’un an, ou de payer des salariés ;)